Bayssac, une longue histoire cévenole...
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L'implantation humaine est déjà forte dans la vallée du Galeizon à l'époque préhistorique. En témoigne la présence de plusieurs nécropoles ainsi que les étranges signes dessnés au paléolithique sur certaines parois de falaises, des symboles mystérieux dont on peut voir des reproductions à l'Ecomusée de Cendras.
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Aquarelle d'après la façade est du mas

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Le site de Bayssac présente tous les avantages pour une implantation humaine. Les sources y sont abondantes et Bayssac bénéficie de la "plus grande étendue plate de la commune" de Saint Paul La Coste, c'est une richesse rare dans le paysage des Cévennes si acciden
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Bayssac a donc fait certainement partie des premiers lieux d'installations humaines dans la vallée. Il se situe sur l'ancien grand pasage de transhumance vers les hautes terres de la Lozère.
On peut encore avoir le plaisir d'être arrêté sur la route de Mandajors. par des troupeaux de moutons avec leur tintamarre de clochettes et leurs fanions bigarrés arborés pour fêter ce grand déplacement annuel.
Si nous ne disposons plus de marques d'une probable implantation romaine, la base d'une partie de la cour intérieure date du Moyen-Age. La majeure partie des constructions peut être datée des XVIème et XVIIème siècles.
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Le tragique épisode camisard
| Mandajors a été un haut lieu de la Guerre des Camisards cévenols (1702-1710) qui réclamaient laliberté de culte après la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685. La vallée a servi de refuge aux camisards. Elle a été le cadre de plusieurs embuscades au cours desquelles de nombreux dragons de Louis XIV ont perdu la vie.
Les camisards ont brûlé le château qui était situé sur un éperon rocheux et qui servait de cantonnement à ces d ragons. On peut encore voir la chapelle du XIIème siècle et quelques vestiges des murs.
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Le valat (vallon qui abrite une rivière) de Plantière, en partie sur les terres de Bayssac, a servi de cadre à des assemblées (cultes protestants interdits en plein air).
En 1726, le prédicateur d'une de ces réunions, Jean Huc dit Mazelet, qui avait été trahi, a été arrêté puis exécuté par pendaison à Montpellier.
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Le domaine de Bayssac est traversé par l'antique voie de transhumance annexée et élargie par l'administration royale au XVIII. Cette « Route Royale » qui longe la rivière permet de marcher sur les traces des dragons du roi.
Un chemin au bord de la falaise au delà du parc de châtaignier domine cette route. On y trouve encore des murs permettant de se dissimuler, c'est ce que les gens de la vallée appelle « le chemin des camisards ».
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Bayssac était ainsi un poste d'observation idéal. Certains habitants de Bayssac se seraient illustrés dans cette guerre mais nous ne disposons pas encore d'informations plus précises.
En représailles de l'assassinat des dragons, et de l'aide fournie par la la population aux camisards, le hameau de Mandajors a été détruit par deux fois, ses habitants massacrés et l'autre vallée, celle de Saint Paul La Coste est alors définitivement devenue la partie la plus importante de la commune.
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L'élevage du ver à soie
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Bayssac a connu l'âge d'or des Cévennes, celui de l'élevage du ver à soie dont l'apogée se situe de la fin du XVIIème au milieu du XIXème. Sa façade porte les traces de la surélévation caractéristique de cet essor. Avec la construction d'un second étage, les cévenols disposaient de l'espace nécessaire à cet élevage.
Le grand nombre de cheminées, une par pièce, le plus souvent dans les angles, contribue à la beauté des bâtiments et témoigne de l'ancienne présence de cette chenille frileuse.
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Voici le seul murier témoin de cette époque sur la propriété. Le ver à soie était nourri plusieurs fois par jour de feuilles fraîches de murier. Sa belle couleur dorée à l'automne lui a valu le beau nom d'arbre d'or. Cet arbre a été le symobole de la prospérité cévenole entre 1750et 1850.
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Le réveil de la "Belle Endormie"
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Bayssac n'a pas échappé aux vicissitudes qui ont vidé les Cévennes de leurs habitants. Les soies asiatiques puis synthétiques ont détrôné les soies cévenole et ainsi supprimé l'activité la plus lucrative des cévenols.
Les châtaigniers « arbres à pain » cévenols ont été décimés par la maladie de l'encre dès le XIXème siècle puis celle du chancre ou endothia depuis les années cinquante.
En même temps le relief rendait difficile le développement d'une agriculture moderne mécanisée ! La Grande Guerre a mis les paysans et parmi eux, les cévenols, en première ligne des grandes attaques meurtrières et comme si tout cela n'était pas suffisant, la grippe espagnole de 1918 a touché plus particulièrement les Cévennes.
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Désertification, exode rural, se sont les mots techniques qui désignent une triste réalité : les habitants partent, les grands mas familiaux tombent en ruines et les terrasses sont envahies par les ronces.
Saint Paul La Coste avait près de neuf cents habitants au début du siècle avec deux écoles primaires dont une à Mandajors (la maison crépie de blanc au bas du hameau). Moins de deux cent habitants s'y accrochent dans les années quatre-vingt !
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Bayssac partage ce destin cévenol d'être une sorte de « belle endormie ». La maison, loin du tumulte de la vie moderne, n'est plus habitée ni entretenue.
Les arbres poussent dans les bâtiments, il reste,en 1970, un seul pan de toit.
C'est à cet abandon que l'on doit la plaisir de pouvoir contempler des paysages aussi préservés, pas de traces de la modernité, un surprenant voyage dans le temps…
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Bayssac sera reconstruit pendant de longues années par Monsieur Albert Mathieu, un colonel à la retraite qui a restauré, dans les règles de l'art, ce joyau de l'architecture paysanne cévenole.
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À suivre : Patrimoine rural et architecture...
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